Le projet explore la figure de Māra à travers celle d’un
bodhisattva singulier.
Selon Marion Dapsance, la spiritualité bouddhique
occidentalisée tend à réinterpréter le bouddhisme en dehors de ses cadres
traditionnels, en le dépouillant de ses rites, de sa dimension magique et de sa
religiosité populaire, au profit d’une lecture rationalisée et compatible avec
les logiques contemporaines du développement personnel. La figure du Bouddha y
est alors souvent assimilée à celle d’un philosophe rationnel, proche de
Socrate ou de Jésus, traduisant des projections modernes fondées sur l’autonomie
individuelle et le rationalisme.
Dans cette perspective, le projet propose une réinscription
de pratiques rituelles issues notamment de la culture queer, mobilisée comme
prisme critique. Inspiré des travaux de Judith Halberstam, de Jacques Derrida,
Michel Foucault et Judith Butler, il interroge les catégories de genre,
d’humanité et de sacralité.
Le « royaume » de cette figure prend la forme d’un stūpa non orthodoxe.
Cet espace intermédiaire, situé entre matérialité et virtualité, ne fonctionne
plus comme lieu de transmission du sacré, mais comme zone de tension symbolique
et de déstabilisation des catégories traditionnelles.
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